Gitobe : la consolidation des terres au risque de fragiliser d’autres cultures qui font vivre les paysans

Incités par le gouvernement à réunir leurs micros parcelles familiales pour faire une monoculture dans le but d’augmenter leurs rendements afin d’éradique l’insécurité alimentaire, quelques inquiétudes commencent à se faire sentir. Témoignage.

Cap vers Gitobe dans la province de Kirundo sur la colline Shore. Cinq familles ont regroupé leurs champs ensemble et l’Etat leurs a octroyé des semences de haricots. Pour eux, la récolte sera sans doute bonne. Néanmoins, ils avaient l’habitude de planter des haricots et du maïs, du manioc et des pommes de terre ce qui leur permettaient de diminuer le risque et les conséquences d’une mauvaise récolte et par ricochet, garantir la sécurité alimentaire de leurs familles. Et maintenant il n’y a que du haricot seulement dans leurs champs pour le marché.  Ces paysans  craignent l’insécurité alimentaire dans leurs familles.

Les experts, eux aussi, s’inquiètent…

Quand de grands espaces sont consacrés à une seule culture, c’est toute la récolte qui est hypothéquée. Qu’une nouvelle sorte d’insecte ou de maladie surgisse, toute la plantation risque d’être endommagée. Cela n’est généralement pas le cas si l’on plante plusieurs variétés de culture comme ces paysans le faisaient d’ailleurs avant cette mesure. A mon avis, tout compte fait, pour une population à 90 % agricole et dans un contexte d’exiguïté des terres arables, la solution à la grande question de l’insécurité alimentaire passera par la diversification des productions agricoles à travers la gestion  raisonnée des cultures associées.