Gratuité : et si ça entravait la dignité paysanne ?

Tout se passe à Kayanza, commune Kabarore. L’église Baptiste de la colline Rubura a entrepris, grace au soutien des missionnaires danois, un projet d’offrir gratuitement de la bouillie aux enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes. Bon geste certes, mais avec des probables retombées négatives.

9 mois. C’est la durée prévue pour ce projet. De lundi à vendredi, femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans accompagnés de leurs mamans se présentent à l’église Baptiste Mironko (gobelets d’1/2 litre) à la main. Le chiffre des bénéficiaires ne cesse d’aller crescendo. Femmes et enfants des collines voisines viennent aussi prendre la bouillie.

Bien, certainement mais quid pour l’avenir ?

Une question reste donc posée. Quelle est cette maman qui pensera encore à chercher de quoi nourrir son bébé alors qu’il y a une Mironko de bouillie bien chaude qui l’attend ? Cela risque de créer un sentiment de dépendance chez les femmes car, disent les burundais, « Ivyagusa bitera ubwenge buke »,, traduction littérale : ”la gratuité conduit à l’ignorance”.

Que se passera-t-il après les neuf mois ? Doit-on réduire toutes les mamans allaitantes du Burundi à des quémandeuses ?

Est-il si compliqué de réfléchir à une meilleure utilisation de ces fonds ?

Et dire qu’il s’agit souvent de formules importées don’t on ignore tout !