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Les biofertilisants : un secteur vital pour les agriculteurs burundais

Publié : Mardi 18 août 2026 14:38
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Au cours d’un atelier de restitution des résultats d’une étude sur les biofertilisants au Burundi et leurs effets sur l’autonomisation des femmes, les échanges ont été riches et francs. Les autorités administratives et les représentants des institutions ont salué la pertinence de cette étude. Les producteurs, quant à eux, ont mis en avant les défis liés à l’homologation. Plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer ce secteur stratégique.

 

 

Un atelier pour valoriser une alternative durable

 

L’Association pour la Dignité Paysanne, ADIP, a organisé ce 18 août 2026 un atelier de restitution des résultats de l’étude sur les biofertilisants au Burundi et leurs effets sur l’autonomisation. L’activité s’inscrit dans le cadre du projet Fertiliser autrement : "Vers la durabilité de la production et des cultures saines" du programme TUJANE TWESE, financé par l’AFD et l’UE et exécuté par ADIP.

 

L’événement, tenu à Bujumbura, a été rehaussé par la représentation du Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’ISABU, des représentants des différentes organisations œuvrant dans le secteur agricole en particulier l’agroécologie, des producteurs et productrices, des entreprises de biofertilisants et bien d’autres.

 

 

 

Les biofertilisants au cœur de la Vision Burundi 2040-2060

 

Dans son discours d’ouverture, la représentante de la Ministre a félicité l’ADIP et ses partenaires. Selon elle, cette étude intervient à un moment crucial pour le pays, car elle rejoint les orientations de la Vision du Burundi 2040-2060 qui ambitionne une agriculture créatrice de richesses, garante de la sécurité alimentaire, tout en renforçant la protection de l’environnement et la résilience. Elle s’inscrit également dans la dynamique du Plan d’Action National de l’Agriculture Familiale, PANAF-B 2025-2030.

 

« La question des biofertilisants mérite toute notre attention », a-t-elle insisté. Elle a souligné que restaurer la fertilité des sols, mieux valoriser les ressources locales, réduire certaines dépendances et améliorer durablement la productivité sont des enjeux à la fois agricoles, économiques et environnementaux.

 

Des résultats encourageants, mais des défis à lever

 

Le consultant a présenté les résultats de l’étude, menée sur l’ensemble du territoire national. Il a rencontré des entrepreneurs à différents stades de développement : certains sont déjà avancés, d’autres encore au stade embryonnaire. Certains produisent des biofertilisants pour la commercialisation, d’autres pour un usage familial.

 

« C’est un domaine qui nécessite un accompagnement au regard de son importance pour l’agriculteur et pour le pays », a-t-il conclu.

Les témoignages ont marqué l’audience. Un entrepreneur a raconté avoir démissionné pour créer sa propre entreprise. Aujourd’hui, il produit des biofertilisants pour la commercialisation et exploite plus de 6 hectares sans utiliser d’engrais chimiques. Une mère de 12 enfants a témoigné utiliser du fumier qu’elle produit elle-même. Résultat : elle n’achète plus d’engrais chimique.

 

Le principal frein reste cependant l’homologation. Les producteurs dénoncent des procédures longues, pouvant prendre des années, et des coûts élevés atteignant plusieurs centaines de millions de francs. Ils plaident pour des mesures de facilitation.

 

Quelques recommandations issues des échanges

 

À l’issue des présentations et des travaux de groupe, les participants ont identifié plusieurs actions prioritaires :

  • Faciliter l’accès aux analyses : engager un dialogue avec les services compétents afin de réduire les délais et les coûts des analyses nécessaires à la caractérisation des biofertilisants. 
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  • Clarifier et faciliter les démarches d’homologation : poursuivre le dialogue avec les pouvoirs publics pour rendre les procédures plus accessibles aux entrepreneurs souhaitant commercialiser leurs produits à plus grande échelle, tout en distinguant ces démarches de la production de fertilisants organiques destinés à l’usage propre des exploitations. 
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  • Renforcer la recherche et la documentation : réaliser des essais sur l’efficacité des biofertilisants, préciser les doses et conditions d’utilisation et élaborer ou compléter les fiches techniques, en collaboration avec l’ISABU, les universités et les autres institutions de recherche. Les travaux de groupe ont explicitement recommandé cette démarche. 
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  • Accompagner les entrepreneurs dans leur mise à l’échelle : faciliter l’accès aux équipements, aux infrastructures, aux études de rentabilité, aux plans d’affaires et aux financements afin de permettre aux initiatives les plus prometteuses d’augmenter leur capacité de production. 
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  • Sécuriser l’approvisionnement en matières premières : organiser les producteurs de biomasse et encourager la multiplication des ressources utilisées dans la fabrication des biofertilisants, notamment le Tithonia, le Calliandra et d’autres plantes locales ; explorer également les possibilités d’accès aux terres disponibles dans le respect du cadre légal. 
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  • Mettre les promoteurs en réseau : faciliter la mise en relation des producteurs et entrepreneurs afin de favoriser les échanges d’expériences, la mutualisation de certaines ressources et, à terme, l’organisation du transport et de la distribution des produits. 
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  • Améliorer le conditionnement et la commercialisation : accompagner les producteurs dans l’amélioration des emballages, de l’étiquetage et de la présentation des produits, et étudier la possibilité d’une identité ou d’une marque commune de promotion, dans le respect des exigences réglementaires. 
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  • Favoriser l’adoption par les agriculteurs : multiplier les démonstrations, les essais en milieu paysan et les actions de vulgarisation, notamment à travers les Champs-Écoles des Producteurs (CEP), afin que les agriculteurs puissent apprécier eux-mêmes les effets et la rentabilité des différentes solutions. 
  • Mieux documenter la rentabilité et les effets sur les ménages : produire des données sur les coûts de production, les économies réalisées sur les intrants, les effets sur les rendements et les revenus, ainsi que sur les bénéfices pour les ménages, notamment en matière de sécurité alimentaire et de scolarisation. 
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  • Renforcer l’autonomisation économique des femmes : favoriser leur accès aux matières premières, aux équipements, au financement, aux formations et aux marchés, et documenter concrètement les revenus et emplois qu’elles peuvent tirer de la production, de la transformation et de la commercialisation des biofertilisants. L’étude identifie déjà ces activités comme des opportunités d’emploi et d’auto-emploi pour les femmes et les jeunes. 
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  • Poursuivre le plaidoyer avec les pouvoirs publics : porter, avec les acteurs concernés, les difficultés rencontrées par les entrepreneurs en matière d’analyses, d’homologation et d’accès aux moyens de production, et rechercher des solutions adaptées. Cette nécessité de plaidoyer a été explicitement relevée lors des travaux de groupe.
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  • Diffuser largement les résultats de l’étude : partager le document avec les pouvoirs publics, les institutions de recherche, les organisations paysannes, les entrepreneurs et les partenaires techniques et financiers afin que chacun puisse s’en approprier les résultats et contribuer, selon son mandat, aux actions identifiées.
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Concernant les producteurs sans homologation, il leur a été recommandé de poursuivre la production tout en engageant les démarches nécessaires pour se conformer à la légalité. L’État a également été appelé à soutenir la filière en mettant à disposition des terres pour la multiplication de la biomasse.

 

Le Consultant expliquant les résultats de l’étude sur les biofertilisants