Au cours d’un atelier de restitution des résultats d’une étude sur les biofertilisants au Burundi et leurs effets sur l’autonomisation des femmes, les échanges ont été riches et francs. Les autorités administratives et les représentants des institutions ont salué la pertinence de cette étude. Les producteurs, quant à eux, ont mis en avant les défis liés à l’homologation. Plusieurs recommandations ont été formulées pour renforcer ce secteur stratégique.
Un atelier pour valoriser une alternative durable
L’Association pour la Dignité Paysanne, ADIP, a organisé ce 18 août 2026 un atelier de restitution des résultats de l’étude sur les biofertilisants au Burundi et leurs effets sur l’autonomisation. L’activité s’inscrit dans le cadre du projet Fertiliser autrement : "Vers la durabilité de la production et des cultures saines" du programme TUJANE TWESE, financé par l’AFD et l’UE et exécuté par ADIP.
L’événement, tenu à Bujumbura, a été rehaussé par la représentation du Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, de l’ISABU, des représentants des différentes organisations œuvrant dans le secteur agricole en particulier l’agroécologie, des producteurs et productrices, des entreprises de biofertilisants et bien d’autres.
Les biofertilisants au cœur de la Vision Burundi 2040-2060
Dans son discours d’ouverture, la représentante de la Ministre a félicité l’ADIP et ses partenaires. Selon elle, cette étude intervient à un moment crucial pour le pays, car elle rejoint les orientations de la Vision du Burundi 2040-2060 qui ambitionne une agriculture créatrice de richesses, garante de la sécurité alimentaire, tout en renforçant la protection de l’environnement et la résilience. Elle s’inscrit également dans la dynamique du Plan d’Action National de l’Agriculture Familiale, PANAF-B 2025-2030.
« La question des biofertilisants mérite toute notre attention », a-t-elle insisté. Elle a souligné que restaurer la fertilité des sols, mieux valoriser les ressources locales, réduire certaines dépendances et améliorer durablement la productivité sont des enjeux à la fois agricoles, économiques et environnementaux.
Des résultats encourageants, mais des défis à lever
Le consultant a présenté les résultats de l’étude, menée sur l’ensemble du territoire national. Il a rencontré des entrepreneurs à différents stades de développement : certains sont déjà avancés, d’autres encore au stade embryonnaire. Certains produisent des biofertilisants pour la commercialisation, d’autres pour un usage familial.
« C’est un domaine qui nécessite un accompagnement au regard de son importance pour l’agriculteur et pour le pays », a-t-il conclu.
Les témoignages ont marqué l’audience. Un entrepreneur a raconté avoir démissionné pour créer sa propre entreprise. Aujourd’hui, il produit des biofertilisants pour la commercialisation et exploite plus de 6 hectares sans utiliser d’engrais chimiques. Une mère de 12 enfants a témoigné utiliser du fumier qu’elle produit elle-même. Résultat : elle n’achète plus d’engrais chimique.
Le principal frein reste cependant l’homologation. Les producteurs dénoncent des procédures longues, pouvant prendre des années, et des coûts élevés atteignant plusieurs centaines de millions de francs. Ils plaident pour des mesures de facilitation.
Quelques recommandations issues des échanges
À l’issue des présentations et des travaux de groupe, les participants ont identifié plusieurs actions prioritaires :
Concernant les producteurs sans homologation, il leur a été recommandé de poursuivre la production tout en engageant les démarches nécessaires pour se conformer à la légalité. L’État a également été appelé à soutenir la filière en mettant à disposition des terres pour la multiplication de la biomasse.
Le Consultant expliquant les résultats de l’étude sur les biofertilisants
