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A Muyinga, la baisse de protection phytosanitaire fragilise les caféiers et inquiète les producteurs

Publié : Lundi 22 juin 2026 15:07
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Dans la colline Ntamba, zone Munagana, commune de Muyinga, province de Buhumuza, les producteurs de café tirent la sonnette d’alarme face à une dégradation progressive de leurs plantations. Les symptômes observés sur les caféiers notamment le dessèchement des cerises au moment de la maturation suivi de leur noircissement entraînent une diminution importante des récoltes et menacent une culture essentielle pour les revenus des ménages.

 

Selon les producteurs, cette situation serait liée en partie à une réduction de l’accès aux produits phytosanitaires et aux intrants habituellement utilisés pour protéger les caféiers. « Depuis près de trois ans, nous ne recevons plus les engrais et les produits spécifiques qui nous permettaient de mieux entretenir nos caféiers. Aujourd’hui, nous constatons une baisse progressive de la production », expliquent-ils.

 

Pour les agriculteurs, la difficulté ne réside pas uniquement dans l’apparition des problèmes sanitaires, mais aussi dans la capacité des exploitations familiales à maintenir durablement la santé des plantations avec des moyens limités.

 

Une préoccupation qui dépasse Muyinga...

 

Les producteurs indiquent que cette situation affecte également d’autres zones productrices de café. Des problèmes similaires sont signalés notamment dans la commune de Kirundo, zone Vumbi, sur la colline Matyazo.

 

Cette multiplication des alertes rappelle l’importance stratégique de renforcer les systèmes de surveillance, de conseil agricole et de protection intégrée des caféiers afin d’éviter une dégradation durable de la filière.

 

Des réponses qui doivent évoluer vers une protection durable des caféiers

 

Le moniteur agricole local, M. Nzambimana Venant, indique avoir transmis les préoccupations des producteurs aux services compétents afin que des analyses techniques puissent être réalisées et que des mesures appropriées soient proposées.

 

De son côté, le responsable du secteur de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement dans la zone Munagana, M. Hakizimana Vincent, confirme que le problème a été signalé aux niveaux supérieurs. En attendant des interventions spécialisées, il recommande aux producteurs de renforcer certaines pratiques culturales, notamment l’utilisation de fumure organique et la couverture du sol autour des caféiers afin de préserver l’humidité et améliorer progressivement la fertilité des parcelles.

 

Cependant, face aux défis actuels, la protection future du café ne peut pas dépendre uniquement de la disponibilité des pesticides et des engrais chimiques. Le renforcement de la résilience des plantations passe également par des approches intégrées combinant amélioration de la fertilité des sols, agroforesterie, biodiversité fonctionnelle et méthodes biologiques de lutte contre les ravageurs et maladies. L’enjeu est donc de développer un modèle de protection des caféiers moins dépendant des seules interventions chimiques et davantage fondé sur la prévention, la connaissance des agroécosystèmes locaux et l’innovation au service des producteurs familiaux.

 

Préserver une filière stratégique pour l’économie nationale

 

Au Burundi, le café demeure une filière stratégique. Il représente une source majeure de devises étrangères et un revenu essentiel pour de nombreux producteurs familiaux. Une baisse durable de la production affecterait donc non seulement les ménages producteurs, mais également l’économie nationale.

 

L’enjeu actuel est ainsi de trouver un équilibre entre des réponses immédiates permettant de protéger les plantations existantes et une transformation progressive des systèmes caféicoles vers des modèles plus autonomes, économiquement accessibles aux producteurs et écologiquement durables.

 

Des caféiers atteints par la maladie