En cette période de culture du haricot, aliment de base et pilier de la sécurité alimentaire des ménages, les producteurs font face à une contrainte de plus en plus lourde : le manque de supports pour les variétés grimpantes. Entre la hausse des prix des tuteurs, les limites des ressources naturelles et des techniques alternatives encore mal maîtrisées, plusieurs agriculteurs voient leurs rendements compromis. Alors que des innovations comme l’usage des cordes sont proposées, leur efficacité reste contestée sur le terrain, relançant le débat sur la nécessité d’un accompagnement plus pratique, fondé sur la formation, les échanges entre pairs et des démonstrations concrètes.
En cette période de culture du haricot, aliment de base et principal pilier de l’alimentation de la population, la production fait face à une contrainte majeure : la disponibilité des supports. Sur les marchés, un tas d’environ 70 tuteurs se vend entre 7 000 et 10 000 francs burundais, révélant une pression croissante sur une ressource devenue rare et coûteuse.
Les haricots grimpants, appréciés pour leur rendement supérieur par rapport aux variétés naines, nécessitent pourtant un système de tuteurage efficace. Mais sur le terrain, les solutions proposées suscitent autant d’espoirs que de déceptions.
Une contrainte qui pèse directement sur la production
Plusieurs producteurs alertent sur les conséquences de cette pénurie. Sans supports suffisants, les plants s’étalent au sol, ce qui réduit fortement la productivité et augmente les pertes.
Un agriculteur témoigne :
« Le manque de supports fait que les haricots rampent par terre et ne produisent pas bien. »
Cette situation est aggravée par la pression sur les ressources naturelles, notamment la raréfaction des matériaux ligneux traditionnellement utilisés pour fabriquer les tuteurs. Parallèlement, l’extension des surfaces cultivées et l’augmentation des producteurs de haricots grimpants accentuent encore le déséquilibre entre offre et demande.
La technique des cordes : une innovation encore fragile
Face à cette contrainte, une alternative a été introduite : l’utilisation de cordes en remplacement partiel des tuteurs traditionnels. Cette approche vise à réduire la pression sur les ressources forestières tout en maintenant les plants en hauteur.
Cependant, sa diffusion reste limitée et sa maîtrise encore inégale. Plusieurs producteurs affirment ne pas être suffisamment informés ou formés à cette méthode. D’autres l’ont déjà expérimentée sans résultats satisfaisants.
Un exploitant agricole témoigne :
« Nous avons essayé les cordes comme supports, mais avec le poids des gousses, les plants sont tombés. Avec la pluie, ils ont pourri et nous avons tout perdu. »
Ces échecs montrent que l’innovation technique, si elle n’est pas correctement expliquée, adaptée et accompagnée, peut être rapidement rejetée par les producteurs.
Le besoin d’un accompagnement plus pratique
Ces difficultés mettent en évidence un enjeu central : la simple diffusion d’une technique ne suffit pas. L’appropriation par les producteurs dépend fortement de la qualité de l’accompagnement.
Il devient donc essentiel de renforcer :
Dans le même esprit, la mise en place de champs de démonstration apparaît comme une nécessité pour permettre aux producteurs de voir, comprendre et évaluer les techniques avant adoption.
Une plantation de haricots avec des tuteurs
